Mille Miles n°138

Jamais éditorial ne fut aussi difficile à écrire. En deux mois – l’espace d’un numéro – le monde a basculé. Un mot de onze lettres a transformé le cours de nos existences et l’ordre de nos priorités. La crise que traverse la presse en ce moment n’est rien à côté de l’ouragan sanitaire et social qui nous est tombé sur le coin de la figure. Nous qui pouvons écrire ces quelques lignes bien futiles, vous qui pouvez les lire, sommes des privilégiés. Des milliers de nos compatriotes n’auront plus jamais cette chance. Dans de telles conditions, comment parler de nos voitures préférées sans passer pour d’affreux égoïstes? C’est la question que nous nous sommes posé, sans y trouver le commencement d’une réponse. Notre modeste mission consiste à vous informer et à vous divertir. Nous nous sommes efforcés de le faire, tout au long de ce cent trente-huitième numéro. Ayant pris la succession de William Pac qui profite désormais des joies de la retraite, la responsabilité m’incombe de continuer à faire vivre ce magazine de passionnés.

Plus que jamais, nous avons besoin de savoir ce qui vous plaît et plus encore, vous déplaît dans ces pages. Faut-il davantage d’articles historiques? La compétition moderne occupe-t-elle trop de place ou pas assez? Quelles rubriques aimeriez-vous voir s’étoffer… ou disparaître? Faut-il que les propriétaires essayent eux-mêmes leurs voitures et deviennent journalistes d’un jour ? Vos avis sont précieux, vos conseils indispensables. En ces temps dissolus, nous avons besoin, plus que jamais, de votre soutien et de votre fidélité. Ce magazine est le vôtre. Il vous appartient. Aidez-nous à le faire évoluer. Les réseaux sociaux ont beaucoup de défauts et quelques qualités, dont l’instantanéité. Notre page Facebook (https://www.facebook.com/millemiles.magazine/) est un moyen de communication efficace pour faire passer vos idées. Dans ce numéro, nous avons d’ailleurs apporté quelques changements afin de rendre les articles plus facilement lisibles, en grossissant légèrement le « corps » du texte. Ce n’est pas grand-chose, mais ça change tout.

En guise d’épilogue, parlons de l’avenir de la marque Alpine. Les projets initiés avant la crise pourraient être temporisés. Les annuler serait une erreur. La marque a absolument besoin de se diversifier pour continuer à exister. L’A 110 ne ressemble à aucune autre voiture. C’est une sportive remarquable, mais peut-elle se suffire à elle-même? Certainement pas. En réduisant la production en janvier dernier, l’usine de Dieppe n’a rien fait d’autre qu’obéir aux lois du marché. En France, on peut considérer que le « plein » de clients a été fait en ce qui concerne l’A 110. Il reste une marge de progression, mais elle est relativement faible. L’A 110S est confidentielle et l’A 110 Légende GT restera limitée à 400 exemplaires, sauf bonne surprise. Il faut du sang neuf. Ce n’est pas nécessaire, c’est vital. La théorie est plus facile à verbaliser qu’à mettre en oeuvre, convenons-en. Surtout aujourd’hui où la préoccupation de tous les constructeurs se résume à un unique paradigme: faire repartir les ventes. Renault est garant d’Alpine, mais Renault n’est pas en grande forme. L’Etat vient de lui garantir un prêt de cinq milliards d’euros, ce qui en dit long sur sa situation. A l’instant où sont écrites ces lignes, la sortie de crise se dessine à peine. Nous serons fixés dans quelques mois sur l’avenir d’Alpine, lequel est indissociablement lié à celui de Renault. Comme il n’est pas envisageable que le premier constructeur français disparaisse, nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Raisonnablement mais fermement optimistes.

Philippe Hazan, rédacteur en chef

Au sommaire de Mille Miles n°138 (juin-juillet 2020) : Alpine A110 1600 S Groupe 4, Interview Jean Vinatier, Les 40 ans de la Renault 5 Turbo, Dominique de Meyer, Rémy Julienne, Alpine-Renault 1600 SC (Type VD), etc.

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